Freud s'adresse à Chaim Koffler, en réponse à l'association "Jésuralem Keren Ajossot". Cette dernière demandait à quelques célèbres personnalités
juives de signer une pétition contre les arabes de Palestine, responsables d'une émeute en 1929, laquelle a coûté la vie d'une centaine de colons. Nous sommes le 26 février 1930.
« Cher Docteur,
Je ne peux faire ce que vous souhaitez.
Je me sens incapable de surmonter mon aversion à accabler le public avec mon nom et même ce moment critique ne me paraît pas le justifier . Quiconque désire
influencer les masses se doit de leur donner quelque chose de vibrant et d’enflammé et mon sobre jugement sur le Sionisme ne le permet pas. Il est sûr que je sympathise avec ses buts, je suis
fier de l’Université de Jérusalem, et la prospérité de ses implantations me fait plaisir.
Mais, d’autre part, je ne pense pas que la Palestine pourra jamais devenir un État juif, ni que les mondes Chrétien et Islamique soient prêts à ce que leurs
lieux saints soient sous contrôle juif. Il m’eut paru plus judicieux d’établir une patrie juive sur une terre moins chargée d’histoire. Mais je reconnais qu’un point de vue aussi rationnel aurait
peu de chance d’obtenir l’enthousiasme des gens et le soutien financier des riches.
Je concède avec tristesse que le fanatisme infondé de notre peuple soit en partie à blâmer pour avoir éveillé la méfiance Arabe. Je ne puis cultiver de
sympathie pour une piété mal dirigée qui transforma un morceau du mur d’Hérode en relique nationale offensant ce faisant les sentiments des autochtones
Jugez vous-même maintenant si, avec un tel point de vue critique je suis la personne qu’il faut pour conforter un peuple pris dans l’illusion d’une
espérance injustifiée.
DE GUICHE, qui est descendu de la Scène, avec les marquisMais à la fin il nous
ennuie !
LE VICOMTE DE VALVERT, haussant les épaules Il fanfaronne !
DE GUICHE Personne ne va donc lui répondre?...
LE VICOMTE Personne? Attendez ! Je vais lui lancer un de ces traits !... Il s'avance vers Cyrano qui
l'observe, et se campant devant lui d'un air fat. Vous.... vous avez un nez... heu... un nez... très grand.
CYRANO, gravement Très.
LE VICOMTE, riant Ha !
CYRANO, imperturbable C'est tout?...
LE VICOMTE Mais...
CYRANO Ah! non! c'est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme... En variant le ton, -par exemple, tenez Agressif : "Moi, monsieur, si j'avais un tel nez, Il faudrait sur-le-champs que je me l'amputasse !" Amical : "Mais il doit tremper dans votre tasse Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap !" Descriptif : "C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap?... C'est une péninsule !" Curieux : "De quoi sert cette oblongue capsule? D'écritoire, monsieur, ou de boîtes à ciseaux?" Gracieux : "Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous préoccupâtes De tendre ce perchoir à leurs petites pattes?" Truculent : "Ca, monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur du tabac vous sort-elle du nez Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée?" Prévenant : "Gardez-vous, votre tête entraînée Par ce poids, de tomber en avant sur le sol!" Tendre : "Faites-lui faire un petit parasol De peur que sa couleur au soleil ne se fane !" Pédant : "L'animal seul, monsieur, qu'Aristophane Appelle Hippocampelephantocamélos Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os !" Cavalier : "Quoi, l'ami, ce croc est à la mode? Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode !" Emphatique : "Aucun vent ne peut, nez magistral, T'enrhumer tout entier, excepté le mistral !" Dramatique : "C'est la Mer Rouge quand il saigne !" Admiratif : "Pour un parfumeur, quelle enseigne !" Lyrique : "Est-ce une conque, êtes-vous un triton?" Naïf : "Ce monument, quand le visite-t-on?" Respectueux : "Souffrez, monsieur, qu'on vous salue, C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue !" Campagnard : "Hé, ardé ! C'est-y un nez? Nanain ! C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain !" Militaire : "Pointez contre cavalerie !" Pratique : "Voulez-vous le mettre en loterie? Assurément, monsieur, ce sera le gros lot !" Enfin parodiant Pyrame en un sanglot "Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître !"
- Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries, me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.
DE GUICHE, voulant emmener le vicomte pétrifié Valvert, laissez donc !
LE VICOMTE, suffoqué Ces grands airs arrogants! Un hobereau qui... qui... n'a même pas de gants ! Et qui sort sans
rubans, sans bouffettes, sans ganses!
(...)
CYRANO Je n'ai pas de gants?... La belle affaire!
Il m'en restait un seul d'une très vieille paire!
Lequel m'était d'ailleurs encor fort importun
Je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un.
LE VICOMTE Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule.
CYRANO, ôtant son chapeau et saluant comme si le vicomte venait de se présenter Ah?... Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule
De Bergerac. Rires.
LE VICOMTE, exaspéré Bouffon !
CYRANO, poussant un cri comme lorsqu'on est saisi d'une crampe Ay !...
LE VICOMTE, qui remontait, se retournant Qu'est-ce encor qu'il dit?
CYRANO, avec des grimaces de douleur Il faut la remuer car elle s'engourdit...
- Ce que c'est que de la laisser inoccupée ! Ay !...
LE VICOMTE Qu'avez-vous?
CYRANO J'ai des fourmis dans mon épée !
LE VICOMTE, tirant la sienne Soit !
CYRANO Je vais vous donnez un petit coup charmant.
LE VICOMTE, méprisant Poète !...
CYRANO Oui, monsieur, poète ! et tellement,
Qu'en ferraillant je vais- hop ! - à l'improvisade,
Vous composez une ballade.
LE VICOMTE Une ballade?
CYRANO Vous ne vous doutez pas de ce que c'est, je crois?
LE VICOMTE Mais...
CYRANO, récitant comme une leçon La ballade, donc, se compose de trois Couplets de huit vers...
LE VICOMTE, piétinant Oh !
CYRANO, continuant Et d'un envoi de quatre...
LE VICOMTE Vous...
CYRANO Je vais tout ensemble en faire une et me battre,
Et vous touchez, monsieur, au dernier vers.
LE VICOMTE Non !
CYRANO Non? Déclamant "Ballade du duel qu'en l'hôtel bourguignon Monsieur de Bergerac eut avec un
bélître!"
LE VICOMTE Qu'est-ce que ça, s'il vous plaît?
CYRANO C'est le titre.
Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand (Acte I, scène 4)
"Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues Et de vagues rochers que les marées dépassent Et qui ont à jamais le coeur à marée basse Avec infiniment de brumes à venir Avec le vent d'ouest écoutez-le tenir Le plat pays qui est le mien
Avec des cathédrales pour uniques montagnes Et de noirs clochers comme mâts de cocagne Où des diables en pierre décrochent les nuages Avec le fil des jours pour unique voyage Et des chemins de pluie pour unique bonsoir Avec le vent de l'est écoutez-le vouloir Le plat pays qui est le mien
Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner Avec le vent du nord qui vient s'écarteler Avec le vent du nord écoutez-le craquer Le plat pays qui est le mien
Avec de l'Italie qui descendrait l'Escaut Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot Quand les fils de novembre nous reviennent en mai Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet Quand le vent est au rire quand le vent est au blé Quand le vent est au sud écoutez-le chanter Le plat pays qui est le mien"
Persepolis, c'est l'histoire d'une gamine iranienne à la fin des années 70. La Révolution islamique vient de faire
basculer le régime du Shah, ce qui restreint les libertés et les droits de chacun, notamment ceux des femmes. Du coup il va être difficile de grandirpour Marjane.. D'autant plus qu'elle a un caractère fort et qu'il n'est jamais question pour elle de garder sa langue dans la poche. Ses parents, eux,
souhaitent la voir instruite et épanouie. Afin de protéger Marjane, ils l'envoient continuer ses études en Autriche. Là-bas, elle va vivre le meilleur comme le pire.
Le film est l'adaptation de quatre BD autobiographiques, le tout dessiné et réalisé par Marjane Satrapi. Côté graphique, je ne m'y connais pas vraiment mais les dessins s'avèrent plutôt simples.
Donc pas exceptionnels. En revanche, le traitement est d'une beauté ! Un mélange d'émotion et d'humour. Concernant l'héroïne (Satrapi elle-même), on remarque une fortepersonnalité, ce qui m'a d'ailleurs rappelé Nothomb quand elle décrit son enfance mégalo. Il y a à la fois dans ce film une gravité
consternante et une simplicité déconcertante. A vrai dire, je ne sais pas trop comment en parler. Pour bien, il faudrait le revoir...
Bref, attendez-vous à ça : tendresse, famille, amour, amitié, tyrannie, Histoire, mélancolie, résistance, cosmopolitisme, solitude, isolement, religion, différence, ruse, solidarité, humour. Vous
relèverez certainement plusieurs antithèses. Elles sont réalisées avec beaucoup de pertinence. Allez voir ce film, c'est une vraie leçon d'humanité.
A noter que les Mollahs en Iran ont protesté la sélection du film à Cannes, réalisé par "l'exilée iranienne Marjane Satrapi" dont le regard est jugé trop
critique. (Source : www.iran-resist.org)
"Baragouiner : parler mal une langue en proférant des paroles inintelligibles."
Sur le site du mot du jour (cf lien), on explique l'origine bretonne de ce verbe : "bara", c'est le pain et "gwin", le vin. Donc en
gros, quand on baragouine (ne lisez pas "bar à gouines" hein), c'est qu'on boit du vin en mangeant du pain. Et, forcément, quand essaie en plus de parler, ben on n'y comprend rien fiû
!
Qui aurait pu penser (certainement pas moi) que le titre de ce western comique faisait référence à l'Odyssée ? Voici l'histoire et merci Cécile de me rendre
moins inculte que je le suis : le cyclope Polyphème, qui retient Ulysse prisonnier, lui demande quel est son nom. Ce dernier lui répond "Mon nom est personne" puis il lui botte les fesses. La
créature hurle tellement fort que ses potes monstres rappliquent. Ils veulent savoir qui l'a agressé. "Personne", explique-t-il. Les méchants se rassurent donc, et pensent qu'il n'y a pas de quoi
s'inquiéter. Pendant ce temps, Ulysse et ses complices peuvent fuir.
1/ Ca me donne envie de revoir le film Mon nom est personne et d'étudier les talents de Terence
Hill.
2/ Ca m'a rappelé une vieille et chouette photo d'Agnès Varda dans son court-métrage Ulysse, dont notre chère MFN
(sont vraiment pourries ses initiales) était folle amoureuse.
Je vous montre la bête :
Sympa, non?Le format ne permet pas d'observer la photo sous tous les angles, mais croyez-moi, on nous avait démontré des choses magiques sur ce
sujet. La mythologie, le cycle de la vie, la mémoire, etc. Par ailleurs, voici que l'image illustre très bien l'arrivée d'Ulysse et de ses hommes sur l'île des cyclopes. Affamés, ils
s'enthousiasment à la vue de chèvres en bas de la falaise, dont certaines ne sont plus que des tas d'os.
Oui je sais, Ulysse ne se balladait pas à poil, lui... et alors? ;O)
Last blablas