Lundi 29 janvier 2007
1
29
/01
/2007
14:36
Olivier Dahan va très certainement lancer une nouvelle mode dans le cinéma moderne : la biographie de célébrité. Elle existait certes déjà depuis un moment, mais jusqu'à présent, les réalisateurs se contentaient de reproduire uniquement l'aspect psychologique de l'artiste. Aujourd'hui, les progrès dans le maquillage et dans les effets spéciaux permettent beaucoup plus. Grâce à eux, il devient chose aisée de recréer l'apparence d'une star disparue. C'est le cas d'Edith Piaf ici, réincarnée par l'incroyable Marion Cotillard.
Cette dernière est particulièrement bluffante. Le franc parler, le caractère bien trempé, l'attitude dans l'espace, tout y est ! On oublie immédiatement la comédienne pour visualiser la chanteuse. Le spectateur est totalement happé par l'univers. L'histoire de Piaf défile, de l'enfance jusqu'à la mort, laissant apparaître la dualité qui lui était propre : charisme et antipathie.
Pour retracer l'intégralité de sa vie, Dahan a choisi un montage alterné. Ainsi, on navigue sans cesse d'un temps à l'autre : son enfance évoluant vers le triomphe d'un côté, son triomphe sombrant dans la déchéance de l'autre. Jamais les scènes ne sont filmées à l'identique. Pour exemple, on ne retrouvera (heureusement) pas dans le film la caméra-épaule de la première séquence qui, trop vascillante, donne le mal de mer. Ironique d'ailleurs, quand il s'agit à ce moment d'un mal de mère auquel la jeune Edith est confrontée. Il me semble en fait que l'image évolue en même temps que celle du personnage. Ainsi, l'écran se montre successivement ivre, fier, méprisant, maladif, onirique, amoureux, puis dément. Plutôt original... Le plus surprenant, c'est sans doute l'absence de scènes authentiques. TOUT est reconstitué, des concerts de l'époque jusqu'aux coupures de presse, sur lesquelles on a greffé les portraits des comédiens. Quant aux chansons, elles n'y sont pas toutes évidemment. Celles qui ont été choisies illustrent les moments forts de la vie d'Edith Piaf. L'hymne à l'amour aura reçu un traitement spécial puisqu'on n'en voit que l'écriture, un jour où la chanteuse erre dans un parc, peu après la mort de Marcel Cerdan. UGC Ciné-Cité, le mercredi 24 janvier, une partie de l'équipe du film est présente avant la projection de l'avant-première. Olivier Dahan, réalisateur, Alain Goldman, producteur, Marion Cotillard et Pascal Grégory, acteurs, répondent aux questions de l'intervenant. Afin d'être le plus réaliste possible, Dahan dit s'être imprégné du personnage Piaf pendant une longue année (livres, vidéos, bandes sonores, témoignages). Aucune hésitation dans son choix de l'actrice Cotillard. Cette dernière prend timidement la parole et déclare avoir demandé un coach vocal pendant le tournage, non pas pour chanter, mais pour effectuer les play-back le plus parfaitement possible. Elle a eu raison : absolument rien ne la trahit dans son jeu. Le maquillage l'a aidée à entrer dans la peau de la chanteuse : cinq heures le matin pour reconstituer le visage, une heure le soir pour l'enlever. Soixante jours durant dans le corps et la tête d'un tel personnage, ça marque. Et pour cause, l'actrice dit avoir mis plusieurs mois à se défaire du comportement et de la voix de la Môme.
Réalisation : Oliver Dahan
Scénario : Olivier Dahan
Casting : Marion Cotillard, Pascal Grégory, Sylvie Testud, Jean-Pierre Martins, Emmanuelle Seigner, Clotilde Courau, Jean-Paul Rouve, Gérard Depardieu
Production : Alain Goldman
Durée : 2h20
Sortie le 14 février
Par Hélène
-
Publié dans : Cinéma
7
-
Recommander
Last blablas