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  "Je ne vous jette pas la pierre, Pierre, mais j'étais à deux doigts de m'agacer."

Le Père Noël est une ordure

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Jeudi 12 avril 2007
Depuis bien longtemps les écrans, les clichés, et les affiches ne se contentent plus de reproduire le réel. Au contraire, ce siècle dernier, l'avènement des arts cinématographique, photographique, voire publicitaire, a permis de créer avec efficacité une rhétorique spécifique de l'image. Autrement dit, l'expression "sage comme..." peut aller se rhabiller car désormais l'image communique, confie, manipule, mieux, elle traumatise en s'inscrivant dans la mémoire collective.

Dans L'image et les signes, Martine Joly  approfondit cette réflexion en consacrant un long chapitre à la photo de presse. En parvenant à vivre malgré le détachement de son actualité et de son contexte initiaux, la photographie adopte un paradoxe complexe : elle est éphémère et durable à la fois. Comment continue-t-elle à faire parler d'elle alors que l'information n'est plus? Parce que primo elle est souvent choquante, deuxio elle s'imisce dans la culture visuelle de l'individu. Tertio, et comme j'essayais de vous le faire comprendre dans mon article du 09/02, l'image perd automatiquement de son histoire, mais jamais des détails qui la construisent.

C'est pourquoi il est fréquent de constater dans le photojournalisme (entre autres, car le phénomène se remarque dans tous les arts) l'entrecroisement de cultures communes qui montrent les mêmes détails. Le sujet, la technique, la mise en scène (...) se répètent : preuve que le langage de l'image existe, non?

 












Marc Riboud, France, mai 68













Anthony Suau, Corée du Sud, 1987



Françoise Demulder, Beyrtouh, 1976



























Hocine, Algérie, 1997


















William Klein, Broadway, 1955 /////// Larry Towell, Bande de Gaza, 1993


















Georges Gobet, Libéria, 2003






Grâce à ces exemples de concordances dans l'histoire de la photographie, vous avez pu remarquer le recours à des métaphores identiques pour émettre un unique message visuel. La femme confrontée aux forces de l'ordre (douceur d'un côté, violence de l'autre) peut incarner le pacifisme. La Madone au milieu de décombres traduit le sacrifice et la mort de civils innocents lors de conflits armés. Enfin, concernant l'enfant soldat qui vise le photographe, il s'agit de réduire la guerre à du jeu, à de l'impunité, à de l'irréflexion. Dans d'autres registres, certains se calqueront sur Doisneau et son fameux baiser de l'Hôtel de ville, ou bien sur la scène d'un film de Woody Allen , voire sur une peinture romantique du XIXème siècle...


... Et vous? Lorsque vous prenez une photo, quelle référence allez-vous chercher au plus profond de votre mémoire culturelle? Est-ce que votre destinataire disposera des mêmes codes pour décrypter votre représentation?

* Vent d'Est, Jean-Luc Godard, 1969
par Hélène publié dans : Photo reportage
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Lundi 5 mars 2007
(Autant mettre à profit les débats houleux et alcoolisés du week-end...)

Je crée donc une nouvelle catégorie pour ce  blog : "Photo et reportage". Il ne s'agit pas forcément  de balancer des images choc, mais plutôt de proposer des photographies diverses et variées, dont l'esthétisme fait particulièrement contraste avec la gravité du sujet. Comment font ces journalistes pour "enjôliver" l'horreur et la misère de leurs reportages? Comment s'y prennent-ils pour sacraliser et extraire du temps tous ces regards blessés ou inconnus?

Je commencerai par une photographie de Robert Capa, un des photographes de guerre les plus reconnus au monde. La grande oeuvre de sa vie reste sans doute la fondation de l'agence Magnum en 1947, avec la collaboration entre-autres de Cartier-Bresson. Le photographe meurt sur le terrain en 1954, près du Tonkin au Vietnam. Il essayait de prendre une photo lorsqu'il a marché sur une mine antipersonnel.

Il résume lui-même tout son style dans cette déclaration : "Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c'est que vous n'êtes pas assez près."




















Cordoue, front d'Andalousie, le 5 septembre 1936 (La Mort, surprise en train de faire son travail.. Incroyable d'avoir réussi à saisir cet instant. L'homme perd la vie mais de l'autre côté, Capa le shoote pour l'immortaliser.)




















Madrid, Novembre 1936(
en fait je l'adore celle-ci.. on dirait que la dame au pas de la porte se souvient.. la petite fille en blanc a exactement la même posture et regarde vers la gauche, vers le passé.. souvenir de son enfance, de la guerre, les murs criblés de balle qui n'ont toujours pas cicatrisé.. Comme elle probablement..)



























Françoise Gilot (l'épouse du peintre), Pablo Picasso, et Picasso Javier Vicaro (son neveu), Golfe-Juan, 1948


par Hélène publié dans : Photo reportage
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