Freud s'adresse à Chaim Koffler, en réponse à l'association "Jésuralem Keren Ajossot". Cette dernière demandait à quelques célèbres personnalités
juives de signer une pétition contre les arabes de Palestine, responsables d'une émeute en 1929, laquelle a coûté la vie d'une centaine de colons.

Nous sommes le 26 février 1930.
« Cher Docteur,
Je ne peux faire ce que vous souhaitez.
Je me sens incapable de surmonter mon aversion à accabler le public avec mon nom et même ce moment critique ne me paraît pas le justifier . Quiconque désire
influencer les masses se doit de leur donner quelque chose de vibrant et d’enflammé et mon sobre jugement sur le Sionisme ne le permet pas. Il est sûr que je sympathise avec ses buts, je suis
fier de l’Université de Jérusalem, et la prospérité de ses implantations me fait plaisir.
Mais, d’autre part, je ne pense pas que la Palestine pourra jamais devenir un État juif, ni que les mondes Chrétien et Islamique soient prêts à ce que leurs
lieux saints soient sous contrôle juif. Il m’eut paru plus judicieux d’établir une patrie juive sur une terre moins chargée d’histoire. Mais je reconnais qu’un point de vue aussi rationnel aurait
peu de chance d’obtenir l’enthousiasme des gens et le soutien financier des riches.
Je concède avec tristesse que le fanatisme infondé de notre peuple soit en partie à blâmer pour avoir éveillé la méfiance Arabe. Je ne puis cultiver de
sympathie pour une piété mal dirigée qui transforma un morceau du mur d’Hérode en relique nationale offensant ce faisant les sentiments des autochtones
Jugez vous-même maintenant si, avec un tel point de vue critique je suis la personne qu’il faut pour conforter un peuple pris dans l’illusion d’une
espérance injustifiée.
Votre respectueux serviteur. »
Freud
Mercredi 27 septembre 2006
"Le 11 juin 1916, les deux compagnies du 137e régiment d'infanterie de Fontenay-Le-Comte, composé de Vendéens et de Bretons, relève le 37e RI à proximité de la ferme de Thiaumont, près de Verdun. Pendant qu'une section aux ordres du lieutenant Polimann s'apprête à défendre sa position, un violent bombardement s'abat sur le secteur et se poursuit une partie de la nuit, ce qui annonce une offensive pour le lendemain. Le 12 juin au petit matin, les soldats attendent dans une tranchée, baïonnette au canon, grenade à la main. Soudain, une série d'obus s'abat en avant et en arrière de cette tranchée, en rapprochant les bords, ne laissant dépasser que les baïonnettes de cinquante-sept soldats qui vont mourir enterrés vivants. Ces baïonnettes pointées vers le ciel semblent, aujourd'hui encore, monter la garde. Une garde éternelle."L'histoire de France pour les nuls, de 1789 à nos jours, First Editions, p.245
Me suis toujours posé la question de savoir comment étaient nées certaines expressions de la langue française -ou pas- et je suis tombée cette semaine sur une émission-radio qui abordait la chose. En puisant davantage chez d'autres supports, ca donne ca :
- Avoir des yeux de lynx : aucun lien avec l'animal mais avec un personnage mythique, Lyncée, qui grâce à sa vue ultra-développée, guida les argonautes et notamment Jason vers la Toison d'or.
- Etre laconique : en Laconie, les habitants étaient connus pour leur austérité de moeurs ainsi que pour leur langage, infiniment bref. D'ailleurs, quand ils eurent remporté la victoire sur Athènes (fin de la Péloponèse), ils annoncèrent au peuple "Athène prise", c'est tout.
- Battre la chamade était un système d'alerte pendant les hostilités, signifiant que les assiégés proposaient de se rendre ou d'entamer des pourparlers.
- Etre dans un capharnaüm : A Capharnaüm, Jésus aurait (encore !) guéri un paralytique, et la foule se pressant en masse pour constater le miracle, les porteurs de la civière auraient dû être obligés de faire un trou dans le toit pour évacuer le blessé. Bref, un sacré b.. lol
- Broyer du noir : c'est un terme qui est né dans la peinture, le peintre broyant ses couleurs avant de produire. Broyer du noir sort plutôt de l'ordinaire puisque pendant très longtemps cette couleur n'a pas été utilisée en peinture. Et tenez-vous bien, le premier à l'avoir exploitée (oups, je n'ai plus son nom), cherchait en fait à peindre la neige et ses nuances.
- Avoir le blues : au Moyen-Age, le Diable était représenté en bleu. Avoir le blues, c'est en quelque sorte être sous l'emprise du mal.
- Qui va à la chasse perd sa place : étonnant encore, mais l'expression n'est pas du tout née de la chasse mais du Jeu de paume. La "chasse" est un point particulier, qui, quand il est atteint, permet aux joueurs de changer de côté. Par conséquent, le joueur au service qui avait un poste favorable "perd sa place"
- Mayday : un professeur d'anglais (un peu dingue mais de source sérieuse) nous a expliqué que le mot était issu de la Première Guerre Mondiale. C'était un message sos adopté par les Français, jusqu'alors ignares en langue étrangère, pour dire "Venez m'aider".
(à l'inverse, on trouve Pourparlers, dont l'origine est encore militaire ; la faute d'orthographe volontairement gardée pourrait aussi supposer que le mot soit né à l'etranger)
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