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  "Je ne vous jette pas la pierre, Pierre, mais j'étais à deux doigts de m'agacer."

Le Père Noël est une ordure

Partage

Cinéma

Jeudi 15 juin 2006
Réalisation : Paul Haggis
Scénario : Paul Haggis/Bobby Moresco
Production : Bob Yari/Bobby Moresco/Cathy Schulman
Casting : Sandra Bullock/Don Cheadle/Keith David/Matt Dillon/Jennifer Esposito/Brendan Fraser/Ryan Philippe/Larenz Tate
Année de sortie : 2005
Durée : 1h47

Oscar du meilleur film, Oscar du meilleur scénario original, Oscar du meilleur montage, Grand prix du jury à Deauville

Synopsis : L'histoire, ou les histoires, de deux voleurs, d'un serrurier, d'un inspecteur de police, d'un commerçant, d'un réalisateur, d'un jeune flic, d'un vieux flic, d'un procureur,... tous habitants de Los Angeles, ville des anges déchus, ou plutôt déçus, ils tentent de mener à bien leur vie, mais quand ils s'entrecroisent, les étincelles fusent.

D'où le titre "Collision" ("Crash" aux Etats-Unis, à ne pas confondre avec celui de Cronenberg). Ce film est un concentré de bouleversements divers et variés, où chacun influe plus ou moins malgré lui sur la vie d'un autre. On retrouve l'effet du battement d'ailes du papillon, très à la mode au cinéma, où plusieurs protagonistes évoluent sans qu'aucun d'entre-eux ne soit vraiment un personnage principal. C'est un film dit "choral", le maître du genre se prénommant Robert Altman (Short cuts, Gosford Park), derrière lequel se suit une bonne poignée de réalisateurs (Inarritu avec Amours chiennes ou 21 grammes,  Anderson avec Magnolia, côté Français Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, Ca ira mieux demain, etc..).
Un film, donc, qui tente de représenter la diversité de la société américaine à travers la multiplicité de ses personnages. Le hic ici, c'est qu'aucun d'entre-eux ne semble soulagé de vivre dans cette salade mixte (Ndlr ça c'était pour mes adieux à Quick) ; dans Collision, il y a avant tout Blancs contre Noirs contre Latinos contre Asiatiques, Jeunes contre Vieux, puis Riches contre Pauvres, Croyants contre Non-croyants, enfin, Racistes contre Anti-racistes, etc.. autrement dit, un sacré maelström démographique, où tout le monde hait celui qu'il envie mais ne connaît pas, où chacun est après tout SEUL face à soi-même. Erreur, semble dire le réalisateur, voyez le rôle que vous jouez quand vous rencontrez autrui, aussi insignifiant soit-il. Bizarre, parce qu'on ne parvient pas vraiment à savoir si Paul Haggis défend l'existence d'un fatalisme brut, ou l'effacement de celui-ci, dans le cas où l'on trouve la volonté de se battre contre sa situation et sa "catégorisation" sociale.
Par ailleurs, des plans intéressants ponctuent le film, dans lesquels des détails peu importants sur le coup prendront leur sens plus loin dans l'histoire. Les raccords, quant à eux, se veulent symboliques puisque ce sont pour la plupart des ouvertures/fermetures de portes, ou alors des déplacements de voiture, comme si chaque personnage cherchait à se cacher et à se protéger, évitant un maximum tout contact social avec l'extérieur.

En somme, le seul élément qu'on peut reprocher à Collision, c'est de plonger parfois un peu trop dans le pathos, et d'user d'un peu trop de clichés. Mais bon, peut-on éviter le cliché pour une démonstration qui a finalement besoin que le spectateur s'identifie un maximum à l'un d'entre-eux? Du  coup, c'est assez surprenant, parce qu'on retrouverait presque un conte de fée éducatif dans la structure du film (mission, bons, méchants, problème, solution, ...), sauf que ce conte serait contrarié par la perversité, comme un Chaperon rouge revisité par Angela Carter, où les bons ne sont pas si bons dans le fond, où les méchants ne sont pas si méchants.

Un des scénaristes résume à sa manière le film : "Il parle de l'intolérance et de la compassion, de la manière dont nous détestons tous d'être jugés sans jamais refuser de juger les autres."

NB : Sandra Bullock sort son grand jeu, à voir!
NB : Ne vaut certes pas Amours chiennes, my favorite one ;O)

Bande-annonce

Par Hélène
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Vendredi 1 septembre 2006


"Le petit lieutenant", c'est le personnage rêveur de Jalil Lespert qui vient d'obtenir son diplôme à l'école de police. Lieu d'affectation choisi? Paris. Signe particulier? Soif d'action et de grandes affaires judiciaires. Alors qu'il découvre son équipe (un commandant ancienne alcoolique, un super flic maghrébin, un raciste en fin de carrière), le jeune lieutenant se rend compte qu'au poste, c'est apparemment l'ennui chronique.. par chance, une enquête intéressante tombe : meurtre mystérieux d'un sdf sur les quais. Le film, c'est à peu près ça : l'investigation générale d'un côté, l'introspection individuelle de l'autre. Le résultat? Etonnant, la police n'est pas si forte qu'elle le laisse paraître.. Séquence après séquence, et faille sur faille, on découvre que derrière chaque représentant de l'ordre  se cachent en fait des individus qui souffrent et qui se paument en permanence. 
Le film se veut être le plus réaliste et le plus austère possible. Pour ce faire, les ingrédients frôlent la bonne qualité : une grande partie  des comédiens n'est pas professionnelle (on le voit au jeu de certains  policiers ou sdf), la musique est inexistante du début jusqu'à la fin, la caméra est maladroite et tremblante (style documentaire). Par ailleurs, l'ambiance s'imprègne des couleurs ternes et froides du poste de police et de la ville : le bleu, le gris et le blanc dominent constamment. Des thèmes rejaillissent plus que d'autres, comme celui de l'alcool par exemple, presque omniprésent. Quel message crève l'écran? La conscience nous fait souvent pression, et chez les flics, on a vite fait de se prendre pour le roi du monde avec une arme à la main, on aimerait faire des choses extraordinaires et puis finalement, c'est du sale boulot. Alors on déprime, on culpabilise, on hait, on échoue à droite à gauche, comme dans la vie sociale ou familiale. Résultat? Destructif.





Réalisation : Xavier Beauvois
Scénario : Xavier Beauvois/ Guillaume Breaud/ Jean-Eric Troubat
Production : Martine Cassinelli/ Stéphane Batut/ WhyNot Productions

Casting : Nathalie Baye/ Jalil Lespert/ Roschdy Zem/ Antoine Chappet/ Jacques perrin/ Xavier beauvois

Année de sortie : 2005
Durée : 1h50

Bande-annonce
Par Hélène
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Dimanche 3 septembre 2006


Réalisation : Woody Allen

Scénario : Woody Allen

 Production : Letty Aronson/ Jimmy de Brabant/ Stephen Tenenbaum/ Jack Rollins/ Charles H. Joffeg
Castin : Jonathan Rhys-Meyers/ Brian Cox/ Matthew Goode/ Scarlett Johansson/ Emily Mortimer
Année de sortie : 2005
Durée :
2h03

 

 

 

 

Celui qui a dit "Je préfère la chance au talent" avait un regard pénétrant sur la vie. Les gens n'osent pas admettre à quel point leur vie dépend de la chance. Ca fait peur de penser que tant de choses échappent à notre contrôle. Dans un match de tennis, il y a des instants quand la balle frappe le haut du filet, où elle peut soit passer de l'autre coté, soit retomber en arrière. Avec un peu de chance, elle passe, et on gagne. Ou peut-être qu'elle ne passe pas, et on perd.

C'est en suivant soigneusement cette longue ligne que Chris Wilton, jeune prof de tennis américain, se voit construire sa vie. Installé récemment à Londres, il est déjà très opportuniste et perce rapidement dans le monde des affaires, notamment en se liant d'amitié et d'amour avec les personnes "adéquates". Tout fonctionne pour le mieux jusqu'au jour où son attirance pour Nola Rice, jeune comédienne américaine, risque de faire tomber ses plans à l'eau. Dès lors, le jeune homme perd ses repères et mélange tout, à tel point qu'il laisse le hasard se fondre à ses envies et ses besoins douteux. S'il veut continuer à s'en sortir, c'est lui désormais qui va devoir provoquer les événements.

L'ambition démesurée du personnage orchestre le film, emballant le spectateur dans un sentiment flou, car confronté à un anti-héros séduisant d'un côté et à une histoire immorale de l'autre. La réussite à tout prix, la prospérité jusqu'à l'obsession, et ce, au détriment des autres, qu'il faut écarter de son chemin par tous les moyens s'ils représentent une menace. Est-ce un portrait réaliste? Probablement, puisqu'un bon nombre aujourd'hui ne fonctionne que par intérêt et vénalité. Par contre, la poussée du scénario aux confis de l'extrême tend plutôt à la caricature de ce genre d'individus. C'est peut-être là où Woody Allen semble se positionner : faire de son mode de vie une structure factice et malhonnête mènera inéluctablement à l'effondrement ou à la démence. Pourtant, aucune moralité dans cette oeuvre, il ne s'agit que de cynisme, puisque, on peut le dire, c'est du "Woody Allen".


+++ prestation géniale des acteurs
++ thème musical sympa
- intrigue un peu lente parfois

NB : Tiens, la phrase d'accroche pour le film "Président", c'est "Seuls les vainqueurs ne croient pas au hasard." Intéressant ;O)


Par Hélène
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Mardi 26 septembre 2006

Tiens, j'y faisais allusion à la fin de l'article sur Match Point, et voilà que j'ai finalement réussi à le voir au ciné ! Président, un film un peu.. compliqué? 

 

Bé voui, tout le monde connaît à peu près l'histoire, il s'agit d'un étalage de magouilles politiques qui entourent un Président de la République en France. Aucun homme notoire n'est soit-disant visé, on n'a qu'à dire que c'est vrai.. de toute façon, ce n'est pas vraiment ça le plus important !

 

Générique de début, écran noir, aucune musique, seulement des bruitages de portières de voiture qui claquent, ainsi que les noms de l'équipe technique qui apparaissent en police rouge. Ce dernier point semble être important pour le réalisateur puisqu'il va en faire une obsession tout au long du film. Et oui, là-dessus, on peut dire qu'il s'est décarcassé le Lionel Delplanque pour glisser, dans pratiquement tous ses plans, au moins un élément de mise en scène qui soit de nuance rouge. Bref, le spectateur comprend vite où le réalisateur veut en venir. En effet, malgré un Président et des hommes politiques plutôt "humains" en apparence, on découvre rapidement le mauvais revers : des mimines qui ne sont pas super propres. Seul le procédé de la couleur aurait pu suffire pour cette démonstration.. il semble pourtant qu'on en ait pensé autrement, puisqu'on ne nous sert que de ça : complots, trahisons, meurtres, argent sale, hypocrisie, etc.. Dommage, c'est un peu lourd, et, par conséquent, ça perd en crédit !

 

De bons points se dégagent malgré tout, comme par exemple l'interprétation des acteurs, qui est incroyablement juste et agréable (je pense surtout à Rénier et Dupontel). Aussi, une bonne photographie, ainsi que des répliques différées qui éclairent un peu l'évolution des personnages. Par exemple, pour illustrer le Président très actif, cette fameuse phrase de début : "Seul le vainqueur ne croit pas au hasard", et puis, vers la fin du film, un proche s'adresse à lui : "Il faut arrêter de croire à la chance". Comme s'il devenait un véritable looser..?


 

Conclusion, le film est compliqué ! Ou plutôt mal organisé (comme l'article d'ailleurs!).. mais il faut le voir !

 



 


 


 


 




 

 


Réalisation : Lionel Delplanque (Promenons-nous dans les bois)

Scénario : Lionel Delplanque, Raphaël Meltz

Production : Thierry Wong, Pierre Florette

Casting : Albert Dupontel, Jérémie Rénier, Mélanie Doutey, Claude rich, Claire Nebout, Carlo Brandt, Jackie Berroyer, Christophe Odent

Durée : 1h37

Actuellement au cinéma

 

 

 

Par Hélène
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Jeudi 4 janvier 2007
Un petit article pour partager avec vous l'une de mes oeuvres fétiches. Merci à Nico et François de me l'avoir visionnée un beau jour de 2005 (avant un apéro bien arrosé d'ailleurs, je m'en souviens bien !). Depuis, je ne me lasse pas de revoir le dvd, encore et encore.. :op

Happy accidents, c'est d'abord un film romantique pas comme les autres. Pourquoi? Parce qu'il est intelligent, et ça change ! L'histoire est simple : Ruby, une jeune femme qui accumule les échecs sentimentaux, rencontre Sam, un gars plutôt drôle et séduisant. Et, alors que tout commençait magnifiquement bien, Ruby déchante rapidement : son nouvel amant lui prétend venir du futur. Impossible de se laisser convaincre, tant cela paraît aberrant.. et pourtant, les arguments de Sam sont tellement précis qu'on douterait presque de son affabulation. Que croire alors : dérèglement pyschologique ou réalité tordue? Et surtout, que doit choisir Ruby? Continuer cette belle histoire malgré la folie de son partenaire? Ou, autre solution, tout arrêter tout de suite ? Et si, tout simplement, elle se mettait à y croire..?

Réalisation : Brad Anderson
Scénario : Brad Anderson
Casting : Marisa Tomei/ Vincent D'onofrio/Holland Taylor/ Nadia Dajani

Durée
: 1h45
Année de sortie : 2001





La structure narrative n'est pas exceptionnelle, mais plaisante. Les trois quarts du film sont racontés par Ruby lors d'une séance avec sa psy. Il s'agit donc d'un long flash back, parfois un peu trop long d'ailleurs, mais qui n'altère en rien la qualité générale. Le retour en arrière prend fin en même temps que commence le climax. Celui-ci arrive dans un fouillis confus, celui des personnages, celui de nos émotions, celui des images.. humour, science-fiction, suspense, on ne sait plus que décrire pour prêcher le film.

Bref, tellement de richesse dans cette petite oeuvre de cinéma que je reste sans mots. Thèmes musicaux prenants, répliques cinglantes, et puis surtout interrogations enivrantes.. : Qui sommes-nous vraiment? Jusqu'où l'amour peut-il transporter? Comment percevoir la différence?

+++ Interprétation des acteurs
Par Hélène
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Dimanche 14 janvier 2007
Cinéphiles et mélomanes, approchez-vous, il y a ici de quoi assister à l'union sacrée de vos arts préférés.

 


C.R.A.Z.Y.
est l'histoire que raconte Zac, un jeune homme qui peine à faire sa place dans la sphère familiale. Plus petit, il était le favori, car considéré comme un surdoué aux yeux de ses pairs. Et puis, en début d'adolescence, le rythme joyeux de la vie de famille se transforme en une douloureuse tachycardie. Durant toutes les années 70 et 80, Zac souffre certes d'être rejeté par ses proches, mais il a pour lui une véritable panacée : la musique.

Qui n'a jamais rêvé de mettre sur ses morceaux préférés des séquences cinématographiques en puissance? Il suffisait de demander ! Pink Floyd (Shine on your crazy diamond, The great gig in the sky), Rolling Stones (Sympathy for the devil), David Bowie (Space oddity), et même Charles Aznavour (Hier encore, Emmenez-moi) sont ici employés avec ferveur. Agréable sensation que de voir à la fois l'image et le son débuter tout doucement.. puis, ensemble, grimper petit à petit, pour finir par exploser harmonieusement ! Waow, c'est vraiment prenant !

Des thèmes tels que la religion, la superstition ou encore la drogue viennent se greffer à ce séisme émotionnel. Des métaphores filées sont à débusquer tout au long de la projection video. Soyez attentifs, et surtout, ne soyez pas tristes quand vient la fin du film. Deux heures, ce n'est décidément pas suffisant quand il s'agit de prendre son pied..

Enfin, le seul hic qui pourra probablement déranger le spectateur, c'est l'accent québécois. Ceci étant dit, on s'y habitue très vite, et quand ce n'est pas compréhensible, des sous-titres viennent aiguiller. En outre, l'interprétation des acteurs est tellement parfaite que l'on finit inéluctablement séduit par ces petits "niaiseux" et autres "tabernak".

G.E.N.I.A.L.



















Réalisation :
Jean-marc Vallée
Production : Pierre Even/Jean-Marc Vallée
Scénario : François Boulay/jean-Marc Vallée
Casting : Michel Cote/Marc-André Gondrin/Emile Vallée/Danielle Proulx/Maxime Tremblay/Pierre-Luc Brillant/Alex Gravel/Natasha Thompson
Année de sortie : Mai 2006
Durée : 2h08


Par Hélène
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Jeudi 25 janvier 2007

Réalisation
: Gabriel Range
Scénario : Simon Finch/Gabriel Range
Durée : 1h30
Année de sortie : Prochainement. En ce moment sur canalplus en "avant-première".


Synopsis : Toujours embourbés sur le sol irakien en octobre 2007, les Etats-Unis affichent une économie malade. Georges W. Bush se rend à Chicago le 17ème jour du mois afin de prononcer un discours sur la crise. Malheureusement, le meeting tourne au vinaigre. Les manifestations contre le Président sont nombreuses et virulentes. Deux balles fusent. L'une se loge dans le poumon, l'autre près de la poitrine. Le Boucher succombe. L'enquête judiciaire est ouverte.



Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Ce docu-fiction a beau avoir été présenté au festival de Toronto, il ne perd rien en médiocrité.

CERTES, l'esthétisme et les effets spéciaux sont à couper le souffle.
CERTES, c'est particulièrement jouissif de voir Georges W. Bush disparaître de la circulation.
CERTES, le sujet est intéressant et quelques répliques méritent le détour..


MAIS :

- Les questions et les réponses que propose le réalisateur ne sont pas les plus adéquates. Pourquoi ne pas avoir montré la réaction du peuple américain? Et celle des pays européens face à la mort du leader international? Au lieu de ça, le spectateur a le droit à une enquête trop longue digne d'un épisode des Experts sur TF1. Un premier suspect, puis un deuxième, et finalement un troisième, etc etc...  C'est lourd ! On s'en fiche du témoignage des flics, et de toutes les magouilles tactiques qui vont avec. Ce qui aurait pu être excitant, ce sont les chemins hypothétiques qu'auraient pris les Etats-Unis et le monde, après l'assassinat.

- Beaucoup trop de clichés sur les Musulmans et les immigrés aux Etats-Unis. Oui, des préjugés existent et il est important de les retranscire à l'image, mais quand ils sont poussés à de tels extrêmes, le message ne peut que sombrer dans le discrédit.

- Des points essentiels sont bâclés car abordés avec trop de superflu : Le Patriot Act, la personnalité de Dick Cheney qui prend les rennes du gouvernement, la référence maladroite à l'assassinat de Kennedy (juste pour le style?)

Finalement, le réalisateur a tellement voulu en faire qu'il s'est emmêlé les pinceaux. La forme est pas mal, voire bluffante parfois, mais le fond.. on se demande où il se cache, et c'est là justement que ça cloche..

Par Hélène
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Lundi 29 janvier 2007




Olivier Dahan va très certainement lancer une nouvelle mode dans le cinéma moderne : la biographie de célébrité. Elle existait certes déjà depuis un moment, mais jusqu'à présent, les réalisateurs se contentaient de reproduire uniquement l'aspect psychologique de l'artiste. Aujourd'hui, les progrès dans le maquillage et dans les effets spéciaux permettent beaucoup plus. Grâce à eux, il devient chose aisée de recréer l'apparence d'une star disparue. C'est le cas d'Edith Piaf ici, réincarnée par l'incroyable Marion Cotillard.

Cette dernière est particulièrement bluffante. Le franc parler, le caractère bien trempé, l'attitude dans l'espace, tout y est ! On oublie immédiatement la comédienne pour visualiser la chanteuse. Le spectateur est totalement happé par l'univers. L'histoire de Piaf défile, de l'enfance jusqu'à la mort, laissant apparaître la dualité qui lui était propre : charisme et antipathie.                                                      
Pour retracer l'intégralité de sa vie, Dahan a choisi un montage alterné. Ainsi, on navigue sans cesse d'un temps à l'autre : son enfance évoluant vers le triomph
e d'un côté, son triomphe sombrant dans la déchéance de l'autre. Jamais les scènes ne sont filmées à l'identique. Pour exemple, on ne retrouvera (heureusement) pas dans le film la caméra-épaule de la première séquence qui, trop vascillante, donne le mal de mer. Ironique d'ailleurs, quand il s'agit à ce moment d'un mal de mère auquel la jeune Edith est confrontée. Il me semble en fait que l'image évolue en même temps que celle du personnage. Ainsi, l'écran se montre successivement ivre, fier, méprisant, maladif, onirique, amoureux, puis dément. Plutôt original... Le plus surprenant, c'est sans doute l'absence de scènes authentiques. TOUT est reconstitué, des concerts de l'époque jusqu'aux coupures de presse, sur lesquelles on a greffé les portraits des comédiens. Quant aux chansons, elles n'y sont pas toutes évidemment. Celles qui ont été choisies illustrent les moments forts de la vie d'Edith Piaf. L'hymne à l'amour aura reçu un traitement spécial puisqu'on n'en voit que l'écriture, un jour où la chanteuse erre dans un parc, peu après la mort de Marcel Cerdan.                                                                                                                                                                            UGC Ciné-Cité, le mercredi 24 janvier, une partie de l'équipe du film est présente avant la projection de l'avant-première. Olivier Dahan, réalisateur, Alain Goldman, producteur, Marion Cotillard et Pascal Grégory, acteurs, répondent aux questions de l'intervenant. Afin d'être le plus réaliste possible, Dahan dit s'être imprégné du personnage Piaf pendant une longue année (livres, vidéos, bandes sonores, témoignages). Aucune hésitation dans son choix de l'actrice Cotillard. Cette dernière prend timidement la parole et déclare avoir demandé un coach vocal pendant le tournage, non pas pour chanter, mais pour effectuer les play-back le plus parfaitement possible. Elle a eu raison : absolument rien ne la trahit dans son jeu. Le maquillage l'a aidée à entrer dans la peau de la chanteuse : cinq heures le matin pour reconstituer le visage, une heure le soir pour l'enlever. Soixante jours durant dans le corps et la tête d'un tel personnage, ça marque. Et pour cause, l'actrice dit avoir mis plusieurs mois à se défaire du comportement et de la voix de la Môme.                                                                                                           
                                                                                                          
Réalisation : Oliver Dahan
Scénario : Olivier Dahan
Casting : Marion Cotillard, Pascal Grégory, Sylvie Testud, Jean-Pierre Martins, Emmanuelle Seigner, Clotilde Courau, Jean-Paul Rouve, Gérard Depardieu
Production : Alain Goldman
Durée : 2h20 
                                                                                                                                 Sortie le 14 février     
                                                                              





Par Hélène
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Vendredi 9 février 2007
Merci Flo de m'avoir relancée dans ces vieux trucs. Ce texte est un sujet de partiel sur lequel j'étais tombée en dernière année de fac. Truffé de réflexions, il intéressera sûrement certain(e)s cinéphiles.























Les oiseaux, Alfred Hitchcock, 1963

"Généralement, le cinéma rend mal l'anecdote. Et "action dramatique" y est erreur. Le drame qui agit est déjà à moitié résolu et roule sur la pente curative de la crise. La véritable tragédie est en suspens. Elle menace tous les visages. Elle est dans le rideau de la fenêtre et le loquet de la porte. Chaque goutte d'encre peut la faire fleurir au bout du stylographe. Elle se dissout dans le verre d'eau. Toute la chambre se sature de drame à tous les stades. Le cigare fume comme une menace sur la gorge du cendrier. Poussière de trahison. Le tapis étale des arabesques vénéneuses et les bras du fauteuil tremblent. Maintenant la souffrance est en surfusion. Attente. On ne voit rien, mais le cristal tragique qui va créer le bloc du drame est tombé quelque part. Son onde avance. Cercles concentriques. Elle roule de relais en relais. Secondes.

    Le téléphone sonne. Tout est perdu.
    Alors, vraiment, vous tenez tant à cela à savoir s'ils se marient au bout. Mais IL N'Y A PAS de  films qui finissent mal, et on entre dans le bonheur à l'heure prévue par l'horaire.
    Le cinéma est vrai. Une histoire est un mensonge."

Jean Epstein, Bonjour le cinéma, 1921, Ed. La sirène


Epstein prétend ici que le cinématographe n'est pas le support idéal pour raconter des histoires. Il fabrique certes de l'émotion, mais cette dernière n'émane certainement pas de la narration. Pour approfondir sa démonstration, le cinéaste parle des accumulations de détails dans l'image. Selon lui, le drame peut surgir de n'importe où, de n'importe quel élément présent dans la mise en scène, dans la mesure où celui-ci est obligatoirement porteur de sens. Autrement dit, Epstein fait du cinéma l'art du détail, celui qui ne laisse de répit au spectateur tant les sens sont constamment en alerte. Cet extrait de Bonjour Cinéma entre d'ailleurs en corrélation parfaite avec l'une des ses autres affirmations : "Le drame au cinéma n'est pas à l'origine de l'histoire mais de tout le reste".

La thèse est plutôt pertinente.. tant et si bien d'ailleurs que d'autres cinéastes plus tard approfondiront l'avis de Jean Epstein. Dans ses entretiens avec François Truffaut en 1966, Alfred Hitchcock affirme avec humour que rien ne sert de rendre un scénario original, puisque tous gravitent autour de la même trame : la rencontre amoureuse ("Boy meets girl"). Et Jean-Luc Godard de se saisir du flambeau dans Les histoires du cinéma en 1998 : quand on se souvient des films d'Hitchcock, on ressasse surtout des objets spécifiques à son style, des petits détails tels qu'une femme blonde, une cigarette, une tasse de café, etc... Ce sont eux qui font évoluer le drame et le suspense. Autre théoricien : Jacques Rancière. Dans La fable contrariée en 2001, le drame est l'accumulation de micro-sensibilités qui mène inéluctablement vers quelque chose de plus fort. Encore note-t-il que ce fonctionnement est présent dans l'évolution de tous les arts. Pour chaque cas, il s'agit de passer de la narration générale au sens du détail. Dans la littérature médiévale, par exemple, on assiste à du grand récit  épique, puis beaucoup plus tard, avec Zola ou Proust, le lecteur est face à des montagnes de détails.

Pour conclure, dans n'importe quel (bon) film vous pourrez observer ce phénomène : l'évolution des émotions se substituent toujours à la narration. C'est la mise en scène uniquement qui décide à quel moment le spectateur doit sursauter, s'émouvoir, ou se détendre.  Comme le dit Epstein, n'est-ce pas la sonnerie brusque du téléphone qui détermine la prolongation ou non d'une attente chez le spectateur?
















Psychose
, Alfred Hitchcock, 1960

A voir  pour mieux comprendre :

Home Stories

M. Müller rejoint un peu la thèse d'Epstein dans ce court-métrage de 1991. En effectuant le montage d'extraits de films illustres, il parvient à reconstituer une seule et unique histoire.
Par Hélène
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Jeudi 22 février 2007


















Réalisation : Sofia Coppola
Scénario : Sofia Coppola sur une oeuvre d'Antonia Fraser
Production : Sofia Coppola/Ross Katz/Callum Greene
Casting : Kirsten Dunst/Jason Schwartzman/Rip Torn/Asia Argento/Molly Shannon/Jamie Dornan/Marianne Faithfull
Durée : 2h03
Sortie en DVD le 7 Mars 2007


Bienvenue dans un monde luxueux-kitscho-moderne-pre-révolutionnaire, celui de la fille Coppola, qui, décidément, n'en finit pas de surprendre.. Quelle surprise, en effet, de ne pas trouver ENFIN dans ce troisième film un style qui soit propre à la jeune réalisatrice. Les magnifiques
Virgin Suicides et
Lost in translation n'avaient déjà rien à voir entre-eux ; pour Marie-Antoinette, on change encore de forme, sauf que cette fois-ci... la perfection n'y est malheureusement pas. A force d'avoir habilement chargé ses deux derniers bébés en émotion, Sofia Coppola semble être pour celui-ci à court de force et de magie. C'est long, ennuyeux, et il est parfois difficile de comprendre où les personnages -superficiels- veulent en venir. Néanmoins, la première partie du film demeure agréable. Les scènes ayant été tournées à Versailles, les yeux sauront assurément briller. Les oreilles, surtout, seront alanguies, car chatouillées par un petit Air décalé qui perturbe la réalité de l'époque représentée. C'est d'ailleurs probablement cet unique et dernier point qui atteste du talent de la cinéaste : Marie-Antoinette paraît traduire à l'écran le voyage d'une enfant moderne au pays merveilleux des rois et des princesses. S'ensuivent par conséquent des anachronismes électrochocs comme cette mise en scène moderne en plein décor du XVIIIème, cette sexualité d'abord pure puis pervertie, grâce à l'alcool, à la luxure, et enfin, à la musique rock.
Pour conclure, le film Marie-Antoinette est tout simplement le songe d'une ado d'aujourd'hui, allongée sur son lit les yeux fermés, et qui durant quelques heures se met en scène dans la peau d'un grand personnage historique. L'histoire s'adapte à ce voyage. Elle commence quand la jeune Autrichienne arrive en France, elle s'achève lorsqu'elle s'enfuit de Versailles. Aucune image - ou si peu- sur la révolte du peuple, aucune autre sur son emprisonnement et son éxécution.. Peu importe, la violence n'a pas sa place dans les tout premiers fantasmes d'une jeune fille.

A voir, parce que c'est Miss Coppola et encore une fois elle innove.
A ne garder ou à ne pas revoir, parce que cette fois-ci, c'est pas du grand art.


Par Hélène
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