Réalisation : Paul HaggisScénario : Paul Haggis/Bobby Moresco
Production : Bob Yari/Bobby Moresco/Cathy Schulman
Casting : Sandra Bullock/Don Cheadle/Keith David/Matt Dillon/Jennifer Esposito/Brendan Fraser/Ryan Philippe/Larenz Tate
Année de sortie : 2005
Durée : 1h47
Synopsis : L'histoire, ou les histoires, de deux voleurs, d'un serrurier, d'un inspecteur de police, d'un commerçant, d'un réalisateur, d'un jeune flic, d'un vieux flic, d'un procureur,... tous habitants de Los Angeles, ville des anges déchus, ou plutôt déçus, ils tentent de mener à bien leur vie, mais quand ils s'entrecroisent, les étincelles fusent.
D'où le titre "Collision" ("Crash" aux Etats-Unis, à ne pas confondre avec celui de Cronenberg). Ce film est un concentré de bouleversements divers et variés, où chacun influe plus ou moins malgré lui sur la vie d'un autre. On retrouve l'effet du battement d'ailes du papillon, très à la mode au cinéma, où plusieurs protagonistes évoluent sans qu'aucun d'entre-eux ne soit vraiment un personnage principal. C'est un film dit "choral", le maître du genre se prénommant Robert Altman (Short cuts, Gosford Park), derrière lequel se suit une bonne poignée de réalisateurs (Inarritu avec Amours chiennes ou 21 grammes, Anderson avec Magnolia, côté Français Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, Ca ira mieux demain, etc..).
Un film, donc, qui tente de représenter la diversité de la société américaine à travers la multiplicité de ses personnages. Le hic ici, c'est qu'aucun d'entre-eux ne semble soulagé de vivre dans cette salade mixte (Ndlr ça c'était pour mes adieux à Quick) ; dans Collision, il y a avant tout Blancs contre Noirs contre Latinos contre Asiatiques, Jeunes contre Vieux, puis Riches contre Pauvres, Croyants contre Non-croyants, enfin, Racistes contre Anti-racistes, etc.. autrement dit, un sacré maelström démographique, où tout le monde hait celui qu'il envie mais ne connaît pas, où chacun est après tout SEUL face à soi-même. Erreur, semble dire le réalisateur, voyez le rôle que vous jouez quand vous rencontrez autrui, aussi insignifiant soit-il. Bizarre, parce qu'on ne parvient pas vraiment à savoir si Paul Haggis défend l'existence d'un fatalisme brut, ou l'effacement de celui-ci, dans le cas où l'on trouve la volonté de se battre contre sa situation et sa "catégorisation" sociale.
Par ailleurs, des plans intéressants ponctuent le film, dans lesquels des détails peu importants sur le coup prendront leur sens plus loin dans l'histoire. Les raccords, quant à eux, se veulent symboliques puisque ce sont pour la plupart des ouvertures/fermetures de portes, ou alors des déplacements de voiture, comme si chaque personnage cherchait à se cacher et à se protéger, évitant un maximum tout contact social avec l'extérieur.
En somme, le seul élément qu'on peut reprocher à Collision, c'est de plonger parfois un peu trop dans le pathos, et d'user d'un peu trop de clichés. Mais bon, peut-on éviter le cliché pour une démonstration qui a finalement besoin que le spectateur s'identifie un maximum à l'un d'entre-eux? Du coup, c'est assez surprenant, parce qu'on retrouverait presque un conte de fée éducatif dans la structure du film (mission, bons, méchants, problème, solution, ...), sauf que ce conte serait contrarié par la perversité, comme un Chaperon rouge revisité par Angela Carter, où les bons ne sont pas si bons dans le fond, où les méchants ne sont pas si méchants.
Un des scénaristes résume à sa manière le film : "Il parle de l'intolérance et de la compassion, de la manière dont nous détestons tous d'être jugés sans jamais refuser de juger les autres."
NB : Sandra Bullock sort son grand jeu, à voir!
NB : Ne vaut certes pas Amours chiennes, my favorite one ;O)
Bande-annonce
Last blablas